Vie locale

Vocation gardien d’immeuble

21 novembre 2022

Depuis 16 ans, Alain Duvauchel arpente les couloirs et les extérieurs de l’immeuble Victor Hugo à Besançon pour effectuer ses missions de gardien. Métier en voie de disparition, il a pourtant un rôle essentiel et est, bien souvent, un critère de sélection locative chez les seniors. Rencontre avec l’un des tout derniers facilitateurs de vie quotidienne.

Depuis les années 80, plus de 30 00 postes de gardiens ont été supprimés en France. Pourtant, derrière ses missions de gardiennage et d’entretien, le gardien joue un rôle beaucoup plus important qu’on ne l’imagine. Point de repère et véritable âme du bâtiment, il est la première personne vers qui les résidents se tournent en cas de difficulté.

« Pour des raisons d’économie, les entreprises de nettoyage ont remplacé de nombreux gardiens d’immeuble. Mais leurs services sont loin d’être les mêmes que les nôtres ! Nous, nous sommes tout le temps sur place et réalisons une foule de tâches dans l’ombre », précise Alain Duvauchel, gardien de la copropriété Victor Hugo rue de Vesoul à Besançon.

Panne d’électricité dans l’immeuble, fuite d’eau chez un particulier, relève de courrier pour simuler une présence, réception de colis, démarrage d’une voiture restée à l’arrêt pendant l’absence des résidents, accueil des entreprises intervenantes, vérification du tri, ampoules à remplacer, désinfection des poignées, boutons d’ascenseur et rampes pendant la crise sanitaire, entretien des sanitaires des 10 chambres de bonne en location… Bricoleur, organisé et touche à tout, il est l’un des rouages indispensables pour le bon fonctionnement de ce vaste ensemble de 4 paliers de 6 à 11 étages.

Un lien social et un gage sécurité

« Parfois, on fait un peu de social, de psychologie… Pour bien faire ce métier, il faut aimer les gens… et ils nous le rendent bien ! », sourit Alain qui a cumulé plusieurs métiers avant de changer de voie, un beau jour de 2006. « La nounou de mon fils habitait dans la résidence et m’a informé que la copropriété cherchait un gardien. Je cumulais des boulots qui ne me plaisaient pas forcément alors j’ai postulé. J’ai découvert une véritable vocation et une certaine autonomie qui me convient parfaitement. »

Même s’il a la liberté d’organiser ses tâches comme bon lui semble, ses journées sont réglées comme du papier à musique. « De 7h à midi, puis de 14h à 17h, j’aspire et récure les 4 paliers, parfois tous les étages. Il faut aussi nettoyer régulièrement l’ascenseur, les vitres et les extérieurs de la résidence : ramassage des déchets, passage du souffleur, grille d’évacuation à nettoyer, brossage pour supprimer les mousses… » Pendant le confinement, il s’implique personnellement en sonnant aux 90 interphones des résidents pour prendre des nouvelles.

Sécurisant et rassurant, la présence d’un gardien est bien souvent un critère de choix pour un public de seniors. Garant du lien social et humain avec les plus âgés, il est aussi le trait d’union entre tous les habitants. « Ce métier me convient car j’aime le contact. J’ai 63 ans et j’ai prolongé mon travail jusqu’à mes 64 ans… Et pourquoi pas jusqu’à mes 67 ans si je suis toujours en forme ? » La retraite n’est pas encore à l’ordre du jour pour ce voisin en or amateur d’accrobranche, de karting, de marche et de cueillette de champignons.

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