Vie locale

Daniel Laffuge, collectionneur de 2 roues

7 octobre 2022


Plus qu’un collectionneur, Daniel Laffuge est un raconteur d’histoires et un bricoleur de talent. À Pirey, il a créé un véritable musée du deux-roues. Une immersion inattendue au siècle dernier. Portrait d’un vrai passionné.

Il est des rencontres plutôt inattendues. À 84 ans, Daniel Laffuge aura illuminé cette journée froide et pluvieuse. Avec humilité, il nous accueille pour une visite insoupçonnée, au cœur de son petit monde créé il y a plus de 30 ans. En ouvrant la porte de la dépendance qu’il a construite pour l’occasion au 15 rue du Coteau à Pirey, personne ne peut imaginer ce qu’il s’y cache derrière ces murs. Au fil des années, cet énergique grand-père de 4 petits-enfants, a monté un véritable musée dédié aux vélos, motos, solex et autres engins à deux-roues. Mais au-delà d’une collection unique, c’est une véritable mise en scène que le retraité a voulu créer. Un voyage imaginaire entre Belle-époque et après-guerre.

Passion Terrot

Sa passion, Daniel l’a héritée de son père Charles, propriétaire d’une 350 Terrot, marque dijonnaise fondée en 1887. « J’étais amoureux de la moto de mon papa avec laquelle il faisait des courses. Nous avons roulé à 4 dessus, mes parents, mon petit frère et moi. A 16 ans, j’ai voulu la reprendre et j’ai découvert qu’il l’avait vendue. J’en ai pleuré pendant 15 jours ! L’idée de retrouver ce modèle rare ne m’est jamais sortie de la tête », raconte Daniel avec beaucoup d’émotion. Il aura fallu attendre 1990 pour qu’il retrouve le même modèle dans un état proche de l’agonie. Mais notre collectionneur, ancien responsable de fabrication dans la mécanique de précision, se double d’un expert en restauration, sorte de Géo Trouvetou aux mains d’or. Il retape et brique avec amour la moto de sa jeunesse. Démarre alors le début d’une incroyable aventure de collectionneur et restaurateur, dont la plus ancienne pièce, un “grand bi”, date de 1885. Au total, sur deux étages, 22 solex, une vingtaine de vélos et une quinzaine de motos, dont la plupart sont en état de marche.

Plongée dans le siècle passé

Mais pour Daniel, il n’est pas question de se contenter d’accumuler des deux-roues. Il veut comprendre chaque machine, connaître son histoire et la réintégrer dans son contexte de l’époque. « J’ai essayé de restituer l’ambiance journalière d’autrefois. Cela permet aux jeunes de découvrir certains moyens de transport utilisés au siècle dernier et aux moins jeunes de se souvenir des temps passés… Ce qui donne parfois des conversations émouvantes, entrecoupées de “Je me souviens de ma grand-mère, de mon oncle, etc”… », sourit celui qui a été lui aussi motard.

Ainsi, draisienne, vieux postes radios, landau et side-car Terrot, feux de signalisation, téléphone à manivelle, pompe à essence, pneu raccommodé pendant la guerre, patins à roulettes, mannequins costumés et autres objets anciens chinés çà et là dans les brocantes locales et utilisés comme décor, côtoient des pièces uniques comme ce couple de motos Terrot avec cadre adapté pour madame (1924) ou pour monsieur (1925) ; ce modèle de 1913 avec jante en bois, puis cet autre de 1929 où la roue doit être démontée et retournée pour changer de pignon de vitesse. Sans oublier un solex pliable, ou, plus rare, un modèle de 1947 avec fourche avant de vélo, sorte de prototype ayant servi au modèle définitif. Et, comme un hommage à sa famille qu’il chérit, Daniel Laffuge a créé sa propre marque : “Modalyfre”, des premières lettres de Monique, son épouse décédée, Daniel, Lydie, sa fille et Frédéric, son fils. A chaque pas, les surprises s’enchaînent, soigneusement racontées par Daniel, incollable sur chacune de ses pièces, signées “Modalyfre”.

Visite “à discrétion” sur réservation au 03 81 50 27 58

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